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  • vribera33

Ces hasards entrés dans la langue

Le français, langue compliquée s'il en est, égrène les règles les plus compliquées à un rythme soutenu. Allez expliquer à un étranger qui l'apprend, la règle d'accord des participes passés des verbes pronominaux ; vous recevrez certainement en retour la question du "pourquoi ?" et vous serez bien ennuyé de devoir répondre : "ça n'a pas de sens et c'est comme ça".


Beaucoup de nos règles bizarres ont été établies à la suite de hasards historiques. Ainsi, l'espace de chaque côté des ? et ! : d'où vient-il ? Tout simplement de l'imprimerie ! A l'époque des casiers à lettres et des lettres en plomb, on composait un point d'interrogation à partir d'un point, au-dessus duquel on ajoutait cette drôle de virgule. Celle-ci prenait davantage de place en largeur, il a donc fallu ajouter une espace (une lamelle de plomb) de chaque côté !

De la même manière, "événement" s'est vu écrit avec deux accents aigus en raison d'un manque d'accents graves chez l'imprimeur chargé du Dictionnaire de l'Académie française. Celui-ci, n'ayant pas fondu assez de E avec l'accent grave, a tout simplement remplacé la lettre par un E accent aigu. C'était en 1740 et il aura fallu attendre la réforme de l'orthographe de 1990 pour admettre la seconde orthographe...

Quant à la règle de l'accord du participe passé avec l'auxiliaire "avoir", si problématique, elle provient des moines copistes du Moyen-Age, occupés à écrire sous la dictée dans des conditions peu propices à la correction (voir la conférence TEDxRennes de Arnaud Hoedt et Jérôme Piron) !

Moines copistes qui sont aussi certainement à l'origine du pluriel de certains mots en X (chevaux, niveaux) : normalement, le pluriel se prononçait "chevaus" ou "niveaus", mais comme le tracé des lettres leur demandait beaucoup de travail, ils ont utilisé une abréviation pour -US, qui ressemblait à un X. Et lorsque, par la suite, le "u" a été replacé pour correspondre à la prononciation, le "x" est resté...

Dommage pour les écoliers !

Même déconfiture pour ces lettres muettes ajoutées sous prétexte de soi-disant étymologie latine ou grecque. Le "d" de "poids" n'a ainsi en réalité aucune raison d'être, puisque le mot a une racine gallo-romane ("pesu") et ne vient pas du latin "pondus"...


Qu'on se le dise, la langue française n'est pas un bastion imprenable, censée être défendue pour sa pureté. Elle est le fruit d'erreurs et d'imprécisions et le reconnaître devrait rendre humbles tous les tenants d'une langue parfaitement maîtrisée.


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